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 2001 : un été anglais

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LP de Savy
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MessageSujet: 2001 : un été anglais   Lun 20 Fév 2006 - 0:48

Un été anglais (L'Alsace Le pays 23 juillet 2001)

Martin Amis, Jonathan Coe, Ian McEwan : le trio éblouissant de la littérature anglaise. Des « jeunes » suivent tel Toby Litt.
MARTIN A mis est une star en Angleterre. Jamais un écrivain n'a été autant couvert par la presse. Son divorce a occupé les journaux dans les mêmes proportions que la séparation de Charles et de Diana. Lorsqu'il a subi une intervention de chirurgie dentaire aux États-Unis, l'opération et son prix ont fait l'objet d'articles perfides des jours durant dans la presse anglaise. Qu'on ne se méprenne pas : le premier talent de Martin Amis n'est pas de faire parler de lui, mais de tisser des intrigues diaboliques à partir de situations convenues, voire banales. C'est un marionnettiste de génie, dont on peut emporter ces jours-ci une partie de l'oeuvre en vacances avec la parution simultanée de trois livres. Deux inédits : « Poupées crevées » (1975) et « Réussir » (1978), ainsi que la reprise de « Train de nuit » en poche.

De nains et de jardins
Dans ce dernier livre, Mike Hoolihan, « femme de police », bute sur l'énigme de la mort de Jennifer Rockwell, une splendeur qui semble s'être suicidée. Amis, évidemment, va s'entendre à merveille pour dynamiter ce thriller au départ conventionnel. Il en fait une comédie subversive, explosant les apparences, hurlant d'une rage glaçante. Violence des faux-semblants, satire grinçante, on rit au moins jaune, et on ne lit pas le soir, ça fait mal dormir. Curieusement, Jonathan Coe, peut-être parce que ses livres sont tout de même moins cruels, a plus de succès chez nous que Martin Amis. Prix du Meilleur livre étranger en 1996 pour « Testament à l'anglaise », son premier roman traduit en France (son quatrième à lui), prix Médicis étranger en 1998 pour « La maison du sommeil ». Les éditions Gallimard proposent actuellement son troisième roman, publié en 1990 en Grande-Bretagne, « Les nains de la mort ». La vie de William, jeune musicien sans le sou et en quête de gloire, vivotant dans une cité HLM de banlieue avec une certaine Tina, et tentant de concrétiser une love affair avec Madeline, une gouvernante. Il est au plus bas, et va encore sombrer davantage en étant le témoin d'un meurtre commis par deux nains cagoulés… Pour notre part, notre préférence va depuis longtemps à Ian Mc Ewan. En fait, depuis « Le jardin de ciment », son premier livre traduit en France, l'histoire d'orphelins ne se résignant pas à se séparer à la mort de leurs parents. Cynique et caustique, comme ses frères d'armes, McEwan se distingue par une sensibilité à fleur de peau. Un auteur lucide et digne, qui séduit et trouble à nouveau avec « Amsterdam », implacable parabole sur le thème de l'amitié… sur un air de comédie cinglante où les médias, les financiers et les artistes en prennent pour leur grade. On signalera que paraît également en poche le « Délire d'amour », un autre fabuleux roman de Ian Mc Ewan, encore un engrenage : Joe Rose, un journaliste à qui tout semble réussir, fait la connaissance d'un jeune homme, Jed Parry, qui lui voue sur-le-champ un amour aussi chaste que dévorant. Jed Parry, on l'aura compris, est fou. Fou d'amour, fou tout court.

That are the questions
De ces trois grands aînés, Toby Litt, pour son premier roman « Doux carnage », a retenu un sens impeccable de la narration, ainsi qu'une ironie parfaitement désespérée et d'un flegme parfait. Dans le même temps, il prouve sa singularité en se jouant habilement des conventions du roman policier. Conrad Redman, son héros, retrouve au restaurant Lilian Irish, son ex. Celle qui l'a plaqué quelques semaines plus tôt aurait des choses importantes à lui confier. Désire-t-elle renouer ? De romantique, le scénario du dîner se transforme en cauchemar quand un tueur, déguisé en coursier, s'invite à leur table, tue Lilian de trois balles et envoie Conrad à l'hôpital de trois autres balles. Coma de six semaines. Réveil, questions : qui ? pourquoi ? Certes, rien de bien nouveau ici : découpage en courts chapitres nerveux (il y en a 88), une véritable manie dans la littérature contemporaine ; fiel déversé sur les milieux branchés londoniens. Mais l'exercice est au final de belle voltige. On se divertit, c'est alambiqué, tricoté, détricoté, retricoté à souhait, on lit à vive allure. Idéal pour la plage.

DÉCOUVRIR De Martin Amis, « Réussir » (366 p., 130 F), « Poupées crevées » (394 p., 135 F) et, en poche, « Train de nuit » (coll. Folio, 240 p., 52 F). De Jonathan Coe, « Les nains de la mort » (232 p., 120 F). D'Ian McEwan, « Amsterdam » (198 p., 98 F) et, en poche, « Délire d'amour » (400 p., 50 F). Éditions Gallimard pour ces trois auteurs. De Toby Litt, « Doux carnage », éditions du Seuil (432 p., 129 F).




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