Propos insignifiants

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 Journal inutile de Paul Morand

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LP de Savy
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Date d'inscription : 06/04/2005

MessageSujet: Journal inutile de Paul Morand   Mer 12 Juil 2006 - 22:30

Journal

Morand l'abject : Nourissier raconte

De 1968 à sa mort, en 1976, Paul Morand a tenu un Journal qu'il disait lui-même « inutile » et qu'il n'a jamais relu ni retouché. Qu'y découvre-t-on ? Le pire. Fallait-il le publier ? La polémique est ouverte. Analyse et commentaires

François Nourissier

Embarras

On éprouve des tentations contradictoires. La première : ne pas s'en mêler. Laisser les deux volumes du « Journal inutile », de Morand, en semi-exil, sur un rayon haut placé mais quand même accessible, du côté des écrits intimes de Cocteau, Drieu, Jouhandeau, Chardonne, quelques autres. Il y a des coins qui sont le Coblence de nos bibliothèques, et qui deviendront des cimetières. Oui, la tentation est forte, à quoi en succède une seconde : le bavardage. Au moment où je commence cette chronique, le tout-Paris idéologue et papoteur dévore « Journal inutile » et chacun réagit avec la violence qu'on pouvait craindre ou espérer. La droite classique, qui n'a nulle envie de remettre ça avec les puantes folies d'autrefois, fait la fine bouche et les gros yeux. Elle serait « plutôt contre ». La gauche littéraire, qui ne veut pas être en retard d'un bateau ni manger son chapeau, donne du mou et du souple à son argumentation : « Bon, ce Morand, il aurait 112 ans, ne l'oublions pas, relativisons ! Après tout Claude Roy l'admirait, Jean-Louis Bory et François-Régis Bastide déjeunaient chez lui, alors... Il bouffait du Juif, du Slave, du Nègre ? Soit, mais sachons prendre nos distances, apprécier un beau style ! » Ainsi est en train de se dessiner une polémique à fronts renversés. A force de vouloir être intelligent et moral, on finit, en littérature, par piétiner ou ses goûts ou ses opinions. C'est toujours la question posée au jeune Disraeli devenu membre du Parlement : allez-vous voter selon vos convictions, comme un voyou, ou avec vos amis, comme un gentleman ?

Lisibilité

« Journal inutile » est prodigieusement lisible. Ce n'est pas un critère absolu de qualité, tant s'en faut, mais quand même ! Avaler plus de 1 700 pages sans relever le nez n'est pas courant. On peut expliquer cette gloutonnerie par la perversité du lecteur affamé de traits, potins et cruautés. Cette « fièvre de l'index » est connue des amateurs de mémoires et journaux intimes. Curiosité malsaine et frissonnante : chacun en prend pour son grade, et l'on ne digère les méchancetés subies qu'en savourant celles dont sont gratifiés les amis. Ah, voluptueuses initiales ! divins astérisques ! exquises hypothèses émises dans les attributions !

Mais cette jubilation secrète n'explique pas tout : seule la patte d'un écrivain de grand format retient aussi souverainement l'attention. « Journal inutile » est écrit à la diable, jamais relu, affirme Morand, ce que nous croyons : redites, parfois plusieurs versions du même épisode. Pourquoi ne lâche-t-on pas un tel texte ? Morand était un enregistreur ultrasensible : ses caricatures font mal. Dans ce premier jet non retouché, il s'est offert le plaisir des bombes à retardement. « Pas avant l'an 2000... » Cela paraissait lointain, et prudent, un quart de siècle d'embargo, à un presque nonagénaire. Il y est donc allé de toutes les impudeurs et goujateries. Chaque écrivain rêve d'oser un jour tout dire. Mais comme il n'a pas envie de sauter dans l'explosion, il ne dégoupille pas ses grenades. Rien de tel ici : Morand mange souvent le morceau, tant pis pour les dégâts.

Ecoutez : « Un des spectacles les plus écoeurants auxquels on doive assister, c'est celui d'une femme portant son oeuf sur le ventre. » Est-on plus délicat pour les futures mamans ? Ou ceci, inattendu chez l'ex-réformé de 14-18 : « Mourir en défendant une vallée suisse, mitrailleuse à la main, contre les Slaves, est une réconfortante idée. » Protégé par cet illusoire matelas de vingt-cinq années, le gentleman se permet d'urticantes mufleries, et le lecteur se pourlèche.

Sécheresse et pessimisme

Sec, il le fut sans défaillance, sans apitoiement, sans aucune compassion. Son corps, perclus d'arthrose, entretenu par une rageuse gymnastique, sut vieillir « sur l'os » et Morand ignora les deux graisses fatales, celle du muscle et celle du style. Silence, vitesse, mutisme, masque impénétrable et réputé « chinois », courtoisie lasse et brève : le lecteur ne lâche pas le « Journal » parce qu'il s'y grise de souvenirs froids et de jugements expéditifs. Rien de « sympathique » là-dedans. On se sent rudoyé, offensé parfois. Un homme, de ses 80 ans à sa mort, à 88 ans, en 1976, tient le compte de ses ultimes bougeottes, déceptions, amertumes, et il accorde tant de place à des voyages, baisages, souvenirs de sport et de bagnoles (luxueuses, les bagnoles), à des préjugés de caste, à l'étroite passion du chic et de l'argent, au goût de l'étiquette (attrapé, nous est-il dit, au service du Protocole du Quai) ? Ah, comme il se moque de Mme Chaban-Delmas qui n'a pas appris, pour saluer Farah Diba, « la révérence plongée des Cours » ! Ou de la bureaucratie académique perdue dans les salamalecs dus à un duc chef de nom et d'armes !

A l'heure de la sagesse dernière, pareilles broutilles mobilisent l'ire et les sarcasmes de cet éternel donneur de leçons. Octogénaire, l'amant insolent, l'incarnation éphémère de la modernité (qu'il a tort de nommer « avant-garde »), l'écrivain qui a remusclé la langue française se métamorphose en scrogneugneu d'ambassade. Il se bouche le nez au passage des hippies post-soixante- huitards, avant-garde mal lavée de l'apocalypse sociale, du déferlement asiate, de la ruée bolcho, hordes qui emporteront les derniers fantômes de la monarchie bicéphale et des salons viennois d'avant 1914. La décadence fascine Morand et les révolutions futures le terrorisent. Il prophétise la toute-puissance russe et la débâcle américaine. Vertige d'à-quoi-bon. Comme tous les vaticinateurs, il se trompe une fois sur deux : lui, autrefois si vif, curieux, boulimique, le voilà passéiste et frileux. Il a beau, sur le tard, murmurer quelques regrets, avouer qu'à part Hélène il n'a aimé personne, qu'il a été désespérément sec, frivole, on n'y croit plus : l'économie de soi, poussée à ce point, ankylose son homme mieux que l'arthrose.

Hélène

Hélène Chrissoveloni, d'une famille de banquiers grecs de Trieste, épousa un Roumain, le prince Soutzo, se sépara de lui et vint vivre à Paris. En 1915, elle rencontra, à Londres, le jeune diplomate Morand (il était de dix ans son cadet) et ne le quitta plus des soixante années qu'il lui restait à vivre. Ils s'étaient mariés en 1927. L'idée générale, en ce qui concerne les Morand, est que les péchés politiques de Paul sont rédimés par son amour pour Hélène. A quoi leurs détracteurs répondent : « Hélène ? Mais elle fut son mauvais génie ! Imprégnée des préjugés racistes qui fermentent dans les Balkans, d'un snobisme aujourd'hui inimaginable, trop riche, elle façonna Paul à son image, le "tenant" par l'indulgence qu'elle lui prodiguait, offrant avec son hôtel de l'avenue Charles-Floquet (le fameux "salon de dix-huit mètres" dont il était si fier) un cadre époustouflant au romancier fétiche des années 20 et 30. Sa façon d'appeler Paul "mon toutou" pouvait être interprétée de bien des façons... »

« Journal inutile » donne des dernières années du couple Morand une image inattendue. L'agonie, la mort d'Hélène, la solitude où se retrouve le vieil écrivain : pages déchirantes. A-t-on le droit de mettre en doute un amour parce que l'objet aimé nous paraît indigne de la passion qu'il suscite ? Hélène a épanoui Paul autant qu'elle l'a perverti. Souvent Morand cite, sans la commenter, une réflexion d'Hélène, et c'est presque toujours une vacherie dédaigneuse, réactionnaire, parfois cocasse, parfois brutale, qu'il reproduit comme parole d'évangile. Ahurissant, mais irréfutable.

C'est cette femme-là, impitoyable, qu'il aima de passion pendant soixante ans. Il évoque ses maîtresses en termes machistes, salés, vulgaires, se vantant de ses prouesses sexuelles avec des mots de potache ou de cercleux. Des emmerderesses, qui ne sont bonnes qu'à se faire baiser. Ce que fit Morand, jusqu'à ses 84 ans, satisfait d'un « sperme épais et abondant ». Hélène, elle, considérait le sexe féminin avec dégoût : ce trou humide. Morand la traita jusqu'au bout avec vénération. Très âgée, elle attendait Paul qui quittait tôt les dîners pour plus vite les lui raconter. Quand vient la fin, Hélène aveugle, sourde, à demi paralysée, Morand est assez sûr de son amour pour se plaindre à demi-mot de l'esclavage où elle le tient : il la sert, la baigne, l'habille, la console, la célèbre. Une servitude ? Oui, mais fervente. Un fil à la patte qui l'empêche de fuir de train en avion, de Mustang en Mini, mais, sacrifiant ainsi son nomadisme et ses appétits à une vieillarde, Morand bâtissait le versant flatteur de sa légende.

Snob ?

Le mot est vague et faible. Snob, le petit-bourgeois qui enrichit son carnet d'adresses, qui espère que la pratique assidue des usages, des élégances et des répugnances d'un milieu lui permettra de s'y faufiler. Avec « Journal inutile », nous planons loin au-dessus du snobisme primaire et utilitaire. Nous sommes dans le snobisme absolu, nous respirons l'air raréfié du grand monde, de la grande élégance (un peu de gigantisme donne seul les dimensions mythiques de la situation sociale et mondaine que suggère le « Journal »). Devenue Mme Paul Morand, la princesse Soutzo, noble port de tête parfois, en grand soir, rehaussé d'une aigrette, ne cessa jamais d'exsuder sa princerie, qui grisait son époux. Le fils d'Eugène Morand et de Marie-Louise Charrier appartenait à une bourgeoisie de moyen tonnage, bohème, cultivée, familière des artistes : Eugène Morand dirigea l'Ecole des arts décoratifs et traduisit « Hamlet » pour Sarah Bernhardt. Quelle mouche piqua Paul ? Un peu cancre, on lui fit apprendre l'anglais, qui lui ouvrit le concours des Affaires étrangères et l'expédia à Londres. Il y découvrit le gratin britannique, auquel il plut : sa vie mondaine était faite, qui conditionna l'autre. De 1915 à 1930 à peu près, transatlantiques, avions, châteaux, ducs, ski, grands dîners et Bugatti. On se devait d'avoir des domestiques mâles, français et nombreux. Huit, précise le « Journal ». « Etre servi n'existe plus. C'est le dernier bonheur de la vie » (21 août 1974).

Tout cela à des années-lumière des lecteurs d'aujourd'hui, fascinés ou exaspérés. On découvre un milieu social homogène, sûr de soi, hypercivilisé et privilégié, dans lequel vivaient les Morand inconscients, protégés. Ce milieu-là, en 1940, ne songea guère à quitter la France : il resta, à Paris, où, comme on dit, « la vie continuait ». Nombre d'artistes furent entraînés sur les mauvais chemins à cause de leur immersion dans cet aquarium, de leur manque d'imagination, de la commodité de suivre la pente. Morand s'en est allé sans s'être expliqué ni justifié, crispé sur une conception catastrophique de l'histoire de l'Occident, convaincu de ne s'être pas trompé. Convaincu ? Des doutes l'ont peut-être effleuré.
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LP de Savy
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MessageSujet: Re: Journal inutile de Paul Morand   Mer 12 Juil 2006 - 22:31

Le Juif

Morand dit : « Le Juif ». Ce n'est pas un groupe ethnique, une communauté religieuse. C'est le Mal historique et social, la Menace, le ver dans le fruit français (et cela dès « France la Doulce », en 1934). Quelques citations : « Je suis né à l'âge de La Libre Parole de Drumont et de la France juive : l'hitlérisme a réveillé mon inconscient d'enfant. Entre Vienne 1900 et Paris, il y eut, alors, un antisémitisme européen » (18 août 1974). Voilà une façon précoce et inattendue de « faire l'Europe » ! « Trente ans après, cent ans après, ce sera encore la "libération de Paris", à la télévision, par M. Bloch ; à la radio, par M. Crémieux. Ce qu'ils appellent la libération de Paris, c'est leur libération, comme ce fut leur guerre » (21 août 1974). Sur Emmanuel Berl : « 1944. Berl, avec beaucoup de modestie, participe au triomphe mondial de sa race » (septembre 1968). Vraiment, 1944 vit triompher le judaïsme ? Un peu de littérature : « Que sont devenues toutes les biographies célèbres d'avant-guerre, les Stefan Zweig, Emile Ludwig, André Maurois, Philippe Erlanger ? Ces produits uniprix du savoir-faire juif ? Il n'en reste pas un livre. » Etc.

On pourrait enchaîner deux cents citations de cet acabit. Tout est prétexte à cette exécration universelle fixée sur une des familles humaines. A l'extrême fin du parcours, quelques nuances apparaissent, bien ténues. Les années, la solitude, la souffrance ont-elles enfin usé l'étrange folie anti-juive ? Déjà, deux mois plus tôt, Morand notait : « A Vichy, nous voyions partir les Juifs comme les ouvriers, pour on ne savait quel travail obligatoire. Si nous nous étions doutés, tout eût changé. » Et, à la ligne, ces deux mots mystérieux : « Contagion affreuse. » Sur ces dernières pages du « Journal » (il reste à l'écrivain sept mois à vivre) passe comme une rémission. Il semble au lecteur que les deux dernières amitiés de Morand - les Rheims et les Jean d'Ormesson - lui aient attendri le cuir, aient dissipé en lui de vieux égarements. Il serait injuste de ne pas signaler cette retouche (qui n'en est pas tout à fait une) à l'autoportrait.

De même faudrait-il nous arrêter un instant à chaque étape de la lecture : « Londres et Vichy », « PM et les femmes », « PM et la vitesse », « PM et l'argent ». A chaque chapitre, des étonnements. Quoi, ce fastueux était près de ses sous ? Il notait le prix des plats au restaurant, préférait sur la fin les pensions modestes aux palaces de sa splendeur, surveillait les taux de change, le montant des loyers. On ne sait jamais s'il pleure misère ou non. Il a du mal à joindre les deux bouts mais ce sont des bouts dorés. Avant d'accuser un homme d'avarice, conseille-t-il lui-même, vérifiez qu'il n'est pas pauvre ! Pauvres, les Morand ? Appauvris, en tout cas, mais ils eurent grand genre jusqu'au bout. Les femmes ? Il semble avoir aimé être bousculé par elles - à la hussarde. Elles l'accablaient, laisse-t-il entendre, elles étaient collantes, insatiables, impudiques. Il a eu affaire à des bacchantes. Il les évoque sans discrétion ni gratitude : là-dessus, homme du passé. Le « péril jaune », les femmes qu'on trousse et fuit, la décadence annoncée : même attitude. Pessimisme et amertume des vieux.

Plus juste, je crois, sa réputation d'homme pressé, sa Wanderlust, son agitation devenue maladive. Voyages organisés, bateaux loués, tout lui est bon, qui le porte d'un lieu à un autre. En deuil d'Hélène, il file sur la route pour sangloter en paix dans sa boîte de ferraille. Dans « le monde », accablé d'ennui, il fige ses traits, répond par monosyllabes, se lève et disparaît comme l'ombre qu'il est déjà. Ses lettres sont galopées, ses jugements à l'emporte-pièce, ses formules dangereusement brèves. La loi tyrannique de sa vie lui a offert comme en prime le sport, la santé, la longévité. Ces disciplines et privilèges l'émerveillent encore dans son grand âge. Il n'en finit pas de détailler son poids, ses performances, ses mensurations, ses chronos. A la recherche des temps perdus.

Cette économie le mène tout naturellement sur le terrain de l'art, du style, où rapidité et sobriété sont des qualités sans prix. Morand débarque en plein classicisme au volant d'une Mercedes à compresseur. Dans une vie dorée, amère et vibrionnante, Morand n'oublie pas l'essentiel : son oeuvre. Il n'a jamais cessé de perfectionner son instrument. Il sait « Milady » ou « Parfaite de Saligny » supérieurs à « L'Europe galante », « Fouquet » à « Rien que la terre », et « Venises » supérieur à tout. Il a commencé m'as-tu-vu, pétaradant, doué - il a fini classique.

« Journal inutile » sera sans doute son testament. Somme ? Non. Ultime (et prudente) provocation ? Non plus. Je préférerais comparer le fantôme de Chardonne (dont la mort en 1968 priva Morand de son correspondant quotidien et lui donna envie de tenir ce Journal) au confesseur de Chateaubriand, lui imposant « La vie de Rancé » comme une pénitence : dégorgez vos humeurs, vos rancoeurs, votre bile, vos rancunes, laissez fermenter vos erreurs et vos doutes. Un « homme du monde », un dandy, une coqueluche, une mode. Ecrivez tout, ne relisez pas, laissez se composer tout seul ce livre total dont rêve tout écrivain. « Journal inutile » est une oeuvre involontaire, un de ces textes qu'on fait sous soi, lâché, relâché. Des fureurs recuites ? Il y en a beaucoup. Des négligences ? Laissez-les passer. Des amitiés ? Peu. De la tendresse ? La fin du livre en est rachetée. Ce qui compte, dans ces confidences que leur auteur n'a pas toilettées, c'est leur dimension, la démesure, ce risque absurde qu'elles vont faire courir à Morand, selon que le lecteur acceptera ou non de jouer avec lui à cet énorme qui-perd-gagne

« Journal inutile » de Paul Morand, vol.1 : 1968-1972 et vol. 2 : 1973-1976 (Gallimard, 864 pages et 195 F chaque tome)


Repères
13 mars 1888 : Naissance à Paris.
1919 : « Lampes à arc ».
1921 : « Ouvert la nuit ».
1923 : « Fermé la nuit ».
1925 : « L'Europe galante ».
1927 : « Bouddha vivant ».
1928 : « Magie noire ».
1930 : « Champions du monde ».
1936 : « Milady ».
1941 : « L'homme pressé ».
1954 : « Hécate et ses chiens ».
1956 : « La folle amoureuse ».
1965 : « Nouvelles d'une vie ».
1971 : « Venises ».
23 juillet 1976 : Mort à Paris.




Chroniques
Paul Morand, qui conseillait à ses jeunes amis de ne pas écrire dans les journaux, éparpilla des centaines de chroniques dans des revues, parfois des orphéons. Mieux, il les rassembla et en fit huit volumes entre 1931 (« Papiers d'identité ») et 1954 (« L'eau sous les ponts »). Les plus connus sont « Rond-Point des Champs-Elysées », « Chroniques de l'homme maigre ». Leurs textes datent des années où Morand aimait les gros chèques, que les éditeurs lui signaient volontiers : ces recueils disparates plaisaient. Jean-François Fogel (auteur de « Morand- Express ») a composé un gros volume, choisissant 300 chroniques et en éliminant une centaine d'autres, jugées démodées ou un peu bâclées. La préface de Fogel, elle, est très brillante et donne de précieuses informations. Il a groupé les textes par thèmes : « Chroniques des hommes » et « Chroniques de la terre ». L'image gagne en précision à cette mise au point. Ce qui paraissait contingent et dispersé devient exercice subtil, variations sur un thème : « Accélérations », « Les Français en voyage », « Manières françaises », « Artistes et ateliers », « Images de Manhattan », « Made in England », etc. Il faut résister à la facilité de dire « le meilleur Morand est là », car ce n'est pas vrai. Mais il reste la vitesse, l'oeil rapide, le mot juste, une liberté pessimiste et sceptique.
F. N.

« Chroniques 1931-1954 », de Paul Morand (Grasset, 654 pages, 168 F).


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