Propos insignifiants

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 La rentrée littéraire 2006

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LP de Savy
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MessageSujet: La rentrée littéraire 2006   Jeu 24 Aoû 2006 - 15:15

683 romans à découvrir immédiatement

Dominique Guiou et Astrid de Larminat (le Figaro du 22 août 2006).

Des centaines de romans sur l'étal des librairies en cette fin août, et combien couronnés en novembre par les grands prix ? Une poignée. Entre-temps, des jeunes écrivains auront été découverts, d'autres auront confirmé un talent déjà exprimé. Comme tous les ans, la rentrée littéraire s'effectue sous le signe de la curiosité.


Près de sept cents romans, récits et recueils de nouvelles vont déferler dans les librairies d'ici à la mi-octobre. Une rentrée littéraire très variée sans vedette artificiellement surexposée, comme Houellebecq l'avait été l'an passé.

Seule tête qui se détache dans le peloton d'auteurs qui concourent pour les premiers places sur la liste des best-sellers, celle du duo formé par les frères Poivre d'Arvor, Patrick et Olivier. Ils signent à quatre mains un roman titré Disparaître, dont le héros est Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d'Arabie, le célèbre officier et écrivain britannique qui mena la révolte arabe contre les Turcs au cours de la Première Guerre mondiale. Il est mort le 19 mai 1935 des suites d'un accident de moto, après plusieurs jours de coma. Telle est du moins la version officielle, dont ne se satisfont pas les Poivre qui réinventent les derniers jours de l'auteur des Sept Piliers de la sagesse. Tirage annoncé par Gallimard : 80 000 exemplaires. Avec ou sans prix littéraire, ce roman devrait trouver les faveurs du public.

Deux anciens lauréats du Goncourt, Patrick Rambaud et Laurent Gaudé, pourraient lui faire de l'ombre. Le premier poursuit sa geste napoléonienne qui lui a déjà valu le succès que l'on sait. Dans Le Chat botté (Grasset), il s'intéresse, cette fois, à la jeunesse de son héros, lorsqu'il s'appelle encore Buonaparte. Le second change de registre. Eldorado (Actes Sud) est un roman sur le douloureux problème de l'immigration sud-nord.

Depuis son premier roman, Hygiène de l'assassin, paru en 1992, Amélie Nothomb n'a pas manqué une seule rentrée littéraire. Elle n'a pas besoin des critiques (pas toujours tendres avec elle) ni des jurés de grands prix littéraires (qui ne l'ont jamais couronnée) : elle a des lecteurs fidèles, quasiment des inconditionnels, si bien que ses romans, dès leur sortie, sont catapultés en tête des meilleures ventes. Son Journal d'une hirondelle (Albin Michel), l'histoire d'un coursier qui devient tueur à gages, ne devrait pas faire exception. Nothomb s'y révèle plus que jamais morbide, et tout à la fois romantique et perverse.

Rumeurs et interrogations

Comme chaque année, la rentrée littéraire suscite rumeurs et interrogations. Qui peut prétendre aux grands prix d'automne, Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis, Interallié et Académie française ? Parmi les valeurs sûres du paysage littéraire, citons Yasmina Khadra, Laurent Mauvignier, Marc Weitzmann, Eric Chevillard, Alain Fleisher, Eric Faye, Benoît Duteurtre, Antoine Audouard, Jean-Marie Delacomptée, Pierre Charras, Akli Tadjer, Patrice de Méritens, Jacques A. Bertrand, Alain Absire.

Jacques Roubaud, Gilles Lapouge et Rezvani représentent avec talent les «seniors», et Frédéric Vitoux, l'Académie. Les jeunes auteurs, remarqués pour leur premier ou second livre, seront attendus au tournant par les critiques. Parmi ces nouveaux venus, on retiendra Christian Authier, Gaspard Koenig, Christine Lapostolle et Patrice Pluyette.

Dans la catégorie des écrivains «provocateurs et controversés», Yann Moix, Maurice G. Dantec et Christine Angot, chacun dans le registre qu'on leur connaît, diviseront comme d'habitude la critique. Philippe Sollers a déjà dit tout le bien qu'il pensait de Rendez-vous, un livre «excellent, puissant, rapide, audacieux, drôle». Il affirme avec l'aplomb qu'on lui connaît que Christine Angot est l'«un des meilleurs écrivains français d'aujourd'hui». Ce n'est pas l'avis de Pierre Assouline qui, sur son blog, dit regretter l'Angot d'avant, aussi exaspérante fût-elle : «Là, écrit-il, débarrassée de sa violence et de son agressivité, elle est juste sans intérêt.»

En fait, la palme de l'originalité revient cette année à deux premiers romans : celui de Jonathan Littell, qui a imaginé sur 900 pages les mémoires d'un officier SS sans remords ; et celui de Jean-Eric Boulin, Supplément au roman national, un bref texte qui dépeint crûment la société française multiethnique que ne cimente plus aucune valeur commune.

Et que dit le «qu'en dira-t-on» ? Frédéric Beigbeder a donné le nom du futur Goncourt : Laurent Mauvignier. Parmi les jurés dudit prix, François Nourissier aurait une préférence pour Christophe Bataille, Didier Decoin pour Nancy Huston.

Du talent et des ventes

Sur le Net, les avis s'échangent librement et parfois vertement. Les romans de ces dames, Angot, Huston, ainsi que ceux de Camille Laurens et Alice Ferney sont très attendus des nombreuses blogueuses littéraires. Parmi les femmes de lettres de cette rentrée, citons aussi Lorette Nobécourt, Agnès Desarthe et Sibylle Grimbert. De leur côté, Isabelle Spaak, Caroline Serre, Muriel Barbery et Catherine Soullard s'apprêtent à franchir le cap périlleux du deuxième roman. Au sujet de Florian Zeller, les commentaires vont bon train. Ceux qui ont lu Julien Parme évoquent un «bon cru». Les autres, qui ont dû se contenter d'un extrait mis en ligne, déblatèrent sur la coiffure et l'absence de style du jeune auteur branché. Ce dernier n'a pas résisté à l'envie de moucher ses détracteurs : «Vous pouvez rire à mes dépens, mais vous restez une bande de désoeuvrés pathétiques. Je n'ai peut-être aucun talent mais j'ai des ventes.»

Du talent et des ventes, c'est le mariage rêvé par tous les éditeurs. Ils sont nombreux, les gens du métier, à publier un roman en cette rentrée. Denis Tillinac, qui dirige la Table ronde, signe Je nous revois, «une grande fresque de la décadence européenne» selon Gallimard qui édite le livre. Jean-Hubert Gailliot, fondateur de la maison Tristram, fait paraître chez l'Olivier Bambi Frankenstein. Daniel Arsand, directeur littéraire de Phébus, publie chez Stock, maison dirigée par Jean-Marc Roberts qui lui-même signe un court roman chez Grasset. Richard Millet, membre du comité de lecture de Gallimard publie Dévorations chez Gallimard. Christophe Bataille fait mieux encore : cadre de Grasset, il signe chez Grasset un court roman dont le héros n'est autre que Bernard Grasset.
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MessageSujet: Re: La rentrée littéraire 2006   Jeu 24 Aoû 2006 - 15:19

Du côté des étrangers

En littérature étrangère, 208 romans sont annoncés. Nous découvrirons un auteur italien peu connu en France, Giuseppe Culicchia avec Le Pays des merveilles (Albin Michel), ou l'histoire d'un adolescent fasciné par Hitler et Mussolini dans le Turin des années 1970. Dix ans après La Mandoline du capitaine Corelli, Louis de Bernières revient avec Des oiseaux sans ailes, (Mercure de France) un Guerre et paix sur la chute de l'Empire ottoman et l'émergence de la nation turque. Javier Cercas, avec A la vitesse de la lumière (Actes Sud) raconte l'histoire d'un écrivain débutant qui perd son âme après sa rencontre avec un vétéran du Vietnam. Dans L'Histoire de l'amour (Gallimard), un roman hanté par le spectre de la Shoah, Nicole Krauss met en scène trois solitaires en quête de mémoire. Tash Aw, dans Le Tristement célèbre Johnny Lim (Robert Laffont) cherche à débusquer l'âme de la Malaisie et n'épargne à ses personnages aucune désillusion. Du côté des Américains, John Irving, après cinq ans d'absence, publie Je te retrouverai (Seuil). Rick Moody tisse une intrigue mystérieuse autour d'une productrice de cinéma, sur fond de jet-set new-yorkaise dans Le Script (L'Olivier). John Updike brosse dans Tu chercheras mon visage (Seuil) vingt-quatre heures de la vie d'une femme peintre. On lira enfin une histoire d'amour estivale inachevée et reniée de Truman Capote, La Traversée de l'été (Grasset).

Astrid Eliard, le Figaro du 22 août 2006.
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MessageSujet: Re: La rentrée littéraire 2006   Ven 25 Aoû 2006 - 22:58

Une rentrée sous le signe de l'abondance

Il y a douze ans, les libraires dans leurs locaux, les critiques littéraires dans leurs journaux avaient 319 livres de moins à traiter. Avec 683 nouveaux romans, selon le classement établi début juillet par Livres Hebdo, la rentrée littéraire 2006 n'établit pas un nouveau record - 691 livres en 2003 - mais la production est sensiblement repartie à la hausse, avec vingt livres de plus qu'en 2005.


Dans cette marée montante qui s'étale de fin août à début octobre, on distingue 475 romans français, contre 449 en 2005 et 208 étrangers, contre 214, l'an passé. Les grandes maisons d'édition ont toutefois fait preuve d'une certaine modération. La production cumulée des quinze plus gros éditeurs de littérature générale s'élève à 197 titres, soit deux de plus que l'an passé. Alors que Gallimard et Fayard avaient dépassé en 2005 le cap des 20 nouveautés, elles sont toutes les deux redescendues à des niveaux plus raisonnables, respectivement 17 et 16 titres. La maison de la rue Sébastien-Bottin est rejointe dans le trio de tête par Actes Sud et Le Seuil, dont c'est la première rentrée placée sous la griffe de Laure Adler, chacune publiant 17 ouvrages.


CHANGEMENT DE STRATÉGIE


Invariable, Albin Michel présente 15 nouveaux romans, comme l'an passé, tandis que Grasset et Flammarion grimpent de 11 à 13 titres. Stock et Denoël sont à 10 nouveautés, mais l'une et l'autre mettent en avant deux premiers romans. Seuls Gallimard, Robert Laffont et l'Harmattan font plus en en publiant trois. Au total, le nombre de premiers romans reste stable : 97, contre 96 en 2005.

Face à cette profusion éditoriale, aucune maison n'a pourtant essayé de préempter la rentrée littéraire, comme Fayard avait cherché à le faire avec La Possibilité d'une île il y a un an. L'échec de cette tentative - le prix Goncourt attribué in fine à François Weyergans pour Trois jours chez ma mère (Grasset), plutôt qu'à Michel Houellebecq - explique le changement de stratégie.

Dans ces conditions, les jeux semblent plus ouverts cette année, vu la richesse et la variété de la rentrée littéraire. L'attribution du prix du roman Fnac, jeudi 31 août, écarte le plus souvent un concurrent pour les récompenses d'automne, mais en contrepartie l'heureux élu bénéficiera d'un confortable matelas de ventes, ce prix étant traditionnellement très prescripteur.

La rentrée sera dans une large mesure féminine. Outre Amélie Nothomb qui revient avec la régularité du métronome avec, cette année, Journal d'Hirondelle ou Nathalie Rheims, L'Ombre des autres (Léo Scheer), il faudra compter avec Christine Angot, Rendez-Vous (Flammarion). Parmi les autres signatures féminines attendues, Camille Laurens, Ni toi ni moi (POL), Alice Ferney, Les Autres (Actes Sud), Chloé Delaume, J'habite dans la télévision (Verticales) ou encore Laurence Tardieu Puisque rien ne dure (Stock). Sans oublier Agnès Desarthe, Mangez-moi (éd. de L'Olivier) et Nancy Huston, Lignes de failles (Actes Sud) toutes deux anciennes lauréates du prix Inter.

Plusieurs anciens primés sont également présents. Que ce soit Pascal Quignard, avec une série de textes courts chez Galilée ou Laurent Gaudé avec Eldorado (Actes Sud).

Minuit et Gallimard font des rentrées, qui confortent leur image littéraire. La première avec Démolir Nisard, d'Eric Chevillard et Dans la foule, de Laurent Mauvignier. La seconde, avec Fils unique, de Stéphane Audeguy, Ce qui est perdu, de Vincent Delecroix, Dévorations de Richard Millet et Les Bienveillantes, un premier roman de 950 pages, de Jonathan Littell.

Parmi les auteurs attendus, figurent aussi Alain Fleischer avec L'Amant en culottes courtes et Alain Mabanckou, Mémoires de porc-épic, tous deux au Seuil, Marc Trillard, De sabres et de feu (Le Cherche Midi), Marc Weitzmann, Fraternité (Denoël), Michel del Castillo, La Religieuse de Madrigal et Chemins de fer, de Benoît Duteurtre, tous deux chez Fayard.

Dans la catégorie des premiers romans, la diversité est de mise avec notamment François Jonquet, Et me voici vivant (éd. Sabine Wespieser), Laurent Rochut, Peine perdue (Phébus), Laurent Quintreau, Marge brute (Denoël), Bernard Foglino, Le Théâtre des rêves (Buchet-Chastel) ou encore Grégoire Hervier, Scream Test (Au Diable Vauvert).


DOMINATION ANGLO-SAXONNE


Versant étranger, les auteurs anglo-saxons, comme toujours, ont la part belle, avec 112 des 208 nouveaux romans annoncés. John Irving, qui n'a rien publié en France depuis cinq ans, fera sa rentrée au Seuil avec Je te retrouverai, ainsi que John Updike avec Tu chercheras mon visage. Grasset annonce un inédit de Truman Capote, La Traversée de l'été. Mais beaucoup d'autres auteurs seront aussi présents de Benjamin Kunkel, Indécision (Belfond) à Iain Levison, Une canaille et demie (Liana Levi), en passant par Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près (L'Olivier). Outre les Anglo-Saxons, 21 romans à paraître sont traduits de l'espagnol, 12 de l'italien, 11 de l'allemand et 10 viennent des pays scandinaves.

Alain Beuve-Méry
Article paru dans l'édition du 25.08.06 Le Monde
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MessageSujet: Re: La rentrée littéraire 2006   Sam 21 Oct 2006 - 10:06


Nourissier : «Littell candidat au fauteuil de Houellebecq»

Par François Nourissier de l'Académie Goncourt.

Le Figaro, 19 octobre 2006.


L'écrivain nous livre son analyse du cru romanesque de cet automne.
ENFANTS, la conversation des grandes personnes nous desséchait d'ennui. Deux portes ouvertes, et le lamento des éternels plaintifs déboulait jusqu'à nous. L'insécurité des parkings, l'outrecuidance des néologismes et la cuisine au beurre : de quoi nous passionner ! Eh bien, je le constate : au long des années, une autre coque pourrie est venue agoniser dans la vase de l'arrière-port : la « constante » baisse de qualité des « rentrées littéraires ».

Autrement dit, une pente vertigineuse nous entraînait à l'abîme. Les romans d'automne seraient de plus en plus faibles, bavards - j'en passe ! - mode, ni faits ni à faire, stéréotypés.

Nous nous étions habitués à être plaints (non sans un fond de ricanements) quand les journaux, entre le 1er septembre et le 20 octobre, repeignaient de frais leurs bureaux et reverdissaient des marronniers touchés par la fatigue de la mode. Les chiffres avaient eux-mêmes gagné une stabilité inquiétante. Nous nous habituâmes alors à une courbe qui oscillait entre 300 et 600 titres. Mais où étaient les chiffres fabuleux d'avant-hier ? Où, les flirts des « commerciaux » des maisons d'édition avec les tirages de 500 000 et un million ? Réponse : un seul mal, la catastrophique inflation. Cette inflation « allumant » artificiellement des romans médiocres, une situation s'était créée, irréversible, qui entraînerait le roman de langue française au fond d'une double crise de surchauffe et de platitude.

On en était là quand le téléphone s'est mis à sonner de Corse en Ré, des Grisons à Biarritz et aux bastides périgourdines.

Il faut saluer une belle rentrée

« De bons livres ? Lesquels ? ­Répétez-moi le nom et le titre ? » On a commencé à se passer, d'abord en confidence, bientôt dans un porte-voix, les renseignements d'usage. On voyait monter des piles, spontanément, près des caisses des librairies. « Oui, très bons. Oui, excellents ! » Une « campagne », de la pub, de l'intox ? Non, des lecteurs émerveillés de ne pas s'être endormis sur leur bouquin, se transformaient en fervents, en adeptes. Enquête et lectures faites, je les rejoins. Me voilà lobbyiste à mon tour. Et prêt à porter - en 2006 en tout cas - la bonne parole. Il est temps de formuler ce que vous pressentez que depuis la première ligne j'ai l'intention de proclamer : cet automne romanesque est inattendu, fécond, vivant. Sans avoir besoin de réveiller les morts ni de vendre la peau de l'ours : nous avons déploré cent erreurs, des encombrements accablants, nous pouvons bien saluer une belle rentrée. Elle comporte tout ce qu'il faut : un livre tombé du ciel ou de l'enfer et qui a créé l'événement. Comme le fit Houellebecq en 1998. Je ne dis pas que Littell égale Houellebecq, mais qu'il est candidat à ce fauteuil-là. Derrière lui, s'engouffrent les dix romanciers qui font pétarader l'automne. Pétarader ou chanter, ou rire, ou l'encolèrent. Les voici, rangés par mes soins.

Alain Fleischer, L'Amant en culottes courtes ; François Valléjo, Ouest ; Jean-Éric Boulin, Supplément au roman national ; Nancy Huston, Lignes de faille ; Jean-Michel Delacomptée, La Vie de bureau... Trop court, trop rapide ? Mais je crois au pouvoir des listes, qui font rêver.

Écartons-nous du premier cercle : il faut aussi imaginer une « rentrée » comme un palmarès, une image d'Épinal. J'y place au centre, en majesté, le sprinter devenu ­marathonien, Jean d'Ormesson, l'homme qui sait tout et n'a jamais oublié de rire à point nommé. Si je cite ici Pierre Moustiers et Gilles ­Lapouge, c'est parce que ces deux écrivains, octogénaires ou à peu près, sont de merveilleux artisans, et je ne dois guère me tromper en les imaginant observant, de loin, Jean d'Ormesson et saluant l'artiste. Hugo, Chateaubriand, Mauriac : la longévité, quelle force !

Ce cercle d'écrivains fêtés cet automne, je le vois comme un club, un arc de triomphe, un atelier, un salon, un chantier. Oui, quelle belle rentrée. Cela nous change un peu.
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