Propos insignifiants

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 De l'utilité des préfaces.

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LP de Savy
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MessageSujet: De l'utilité des préfaces.   Lun 4 Juil 2005 - 12:49

"Voici un livre déplaisant, troublant, et scandaleusement méconnu. S'il y avait une justice littéraire, il devrait être mis au niveau de La nausée, de L'étranger, de La condition humaine ; il ne l'est pas : il n'y a pas de justice littéraire. Mais vous êtes en train de lire cette préface : vous faîtes un pas dans la bonne direction. Je vous y accompagne, un instant. Cet accompagnement est sans doute nécessaire, pour donner à ce texte toute son ampleur et, même, lui redonner toute sa texture. Il est fréquent de tomber amoureux d'un livre, d'un tableau, d'un film, d'un quatuor à cordes sans explication, et c'est très bien ainsi. Mais il n'est pas interdit de trouver dans un petit supplément de lumière un vrai surcroît de plaisir. Essayons."

C'est le début de la préface de Pascal Ory, dans l'édition 2005 du livre de Paul Nizan, Le cheval de Troie.

Une préface est-elle nécessaire pour apporter encore plus de plaisir à la lecture ?
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Jacques Layani
Bavard


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MessageSujet: Re: De l'utilité des préfaces.   Lun 4 Juil 2005 - 14:51

Ah, le vieux débat ! La réponse est non.

Ce qui ne veut pas dire que le texte d'accompagnement, de présentation, que constitue la préface, ne soit pas nécessaire, utile, intéressant.

Je m'explique. La préface, en tant que telle, parle au lecteur d'une œuvre qu'il ne connaît pas encore. Par conséquent, elle ne peut lui être utile à rien, hormis à le prévenir, c'est-à-dire à lui mettre dans la tête ce qu'il doit penser de l'œuvre.

Au contraire, une postface se justifie amplement, entrant alors dans le domaine de la critique bien comprise. Et, cette fois, le lecteur sait au moins de quoi on parle.

En ce qui me concerne, je lis toujours les préfaces après. C'est pour cela que je dis : une postface me paraît plus intéressante. Dans le même esprit, je lis les articles écrits à propos des livres ou des films après les avoir lus ou vus. Ainsi, je suis au courant du contenu et je n'ai pas le sentiment d'être manipulé.

Au rebours de la préface, l'avant-propos -- en général plus bref, d'ailleurs -- se justifie davantage, dans la mesure où il ne vise souvent qu'à préciser quelques points de l'économie générale de l'ouvrage, quelques uns des choix artistiques ou techniques qui ont présidé à l'édition. Là, il se justifie, je pense, de prendre connaissance de ces indications avant de lire l'œuvre.
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mule hollandaise
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MessageSujet: Re: De l'utilité des préfaces.   Lun 11 Juil 2005 - 16:14

Personnellement, je pense qu'une préface peut être utile, mais ça dépend de quel genre est cette préface... Je m'explique :
Il y a plusieurs sortes de préfaces : y'a les préfaces qui font l'éloge du livre (pour moi, elles n'ont strictement aucun intérêt... donc, à dégager) ; les préfaces sur l'auteur, qui le présentent lui et son oeuvre (malheureusement il semble que ce soit réservé aux auteurs morts...) et dans ce cas mieux vaut les mettre en postface (comme ça on peut lire les infos que si on a aimé le livre et si on veut en savoir plus sur l'auteur et son oeuvre) ; et il y a les préfaces de l'auteur (en général très plaisantes mais trop rares).
Voilà voilà....
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Winnie
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MessageSujet: Re: De l'utilité des préfaces.   Mer 13 Juil 2005 - 9:26

Pour ma part, je n'aime pas du tout les préfaces, parfois trop longues et rébarbatives! En général, donc, je ne les lis pas du tout, surtout quand ça fait déjà 1/4 du livre alors que je suis si pressée d'entrer dans l'histoire...

Quant à la postface, il est impératif que je la lise... Cela apporte un genre de plus à l'histoire, donc indispensable à découvrir!
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LP de Savy
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MessageSujet: Re: De l'utilité des préfaces.   Mar 26 Juil 2005 - 12:17

Une illustration de l'utilité des préfaces, empruntée au journal de Raphaël Juldé :

"L’Enquête sur les prisons des poètes de Franck Balandier me paraît pour le moins lacunaire. Il y manque un avant-propos, une introduction, l’explication par l’auteur du but qu’il s’était fixé en commençant cette étude, et des choix qu’il a fait. Concernant Albertine Sarrazin, par exemple : pourquoi avoir privilégié son passage à la Petite Roquette, qui n’a duré que deux jours, durant lesquels elle n’a rien écrit et qui ne l’auront guère marquée, comme le note Balandier lui-même – et s’arrêter là, passer sous silences les mois de détention à Fresnes, à Doullens, à Versailles, qui nourriront toute son œuvre : trois romans, quelques poèmes, d’innombrables lettres, des centaines de pages d’écrits intimes (son Passe-peine…) ? Là, il y a une incohérence que je ne m’explique pas. La Petite Roquette, on la retrouve dans le chapitre sur Genet, et cette fois c’est justifié : c’est elle qui lui inspirera, non seulement de nombreux poèmes, mais aussi Notre-Dame-des-Fleurs et Miracle de la rose… Mais pour Albertine Sarrazin, je ne vois pas. L’auteur voulait-il juste profiter de l’évocation de cette prison pour opérer une transition entre Sarrazin et Genet ? Une explication plus sérieuse pourrait être que Balandier ne cherche pas à suivre la biographie des auteurs qu’il évoque, mais s’intéresse vraiment à leurs prisons, aux endroits où ils ont vécu, à la prison en tant qu’univers particulier, avec ses règles de vie, ses horaires, sa discipline… Mais encore une fois, pourquoi s’intéresser aussi longuement à un lieu où Albertine a vécu deux jours, passer rapidement sur les internements qui ont précédé (Saint-Lazare, le Bon Pasteur, qui n’était pas une prison mais sera le lieu de sa première cavale…) et oublier les autres, tous les autres, ceux qui ont vraiment alimenté son œuvre future ? C’est en s’évadant de la prison-école de Doullens qu’elle se rompt l’astragale, c’est là qu’elle rencontre Julien qui donnera enfin à celle qui n’était encore qu’Anne-Marie ou Anick R. un véritable nom à habiter… C’est autrement plus riche en symbole que deux jours à la Roquette ! Peut-être vais-je y voir plus clair en lisant les chapitres suivants, mais j’en doute un peu… "

http://megalo-monjournal.chez.tiscali.fr/journal2005_07.htm
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LP de Savy
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MessageSujet: Re: De l'utilité des préfaces.   Mer 27 Juil 2005 - 12:02

L'exemple emprunté dans le journal de l'ami Raphaël s'écroule : le livre de Franck Balandier qu'il évoquait n'était qu'une version incomplète, reçue à titre de documentation.
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