Propos insignifiants

Des livres et des écrivains, en toute légèreté.
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Nicolas Rey par Christian Authier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
LP de Savy
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 710
Date d'inscription : 06/04/2005

MessageSujet: Nicolas Rey par Christian Authier   Jeu 20 Juil 2006 - 15:00

C'est la mort à la plage

Christian Authier, le Figaro du 6 juillet 2006

Où l'auteur de Courir à trente ans saupoudre le destin de grains de sable noir.


Frank Bastide, chef de rang au Bistrot Napolis, un morne restaurant parisien, avait tout pour être malheureux. À bientôt quarante ans, son ex-femme le méprise et son fils de quatorze ans ne lui parle plus. Le jour où Arianne Backer, sa voisine, devient sa colocataire, l'existence de Frank va trouver un sens. Voici le genre de fille pour laquelle les hommes qui la croisent seraient prêts à « échanger deux ans de salaire afin d'effleurer sa hanche ». Une fille impossible, indéfendable, insupportable, donc irrésistible. Une femme fatale, qui « fait qu'avec elle, on pense toujours que les choses vont s'arranger ». Avec son « visage capable de rendre douce la guillotine », son regard de magicienne et d'enfant, Arianne sème le désordre. Cependant, elle ne vibre que pour Paul Fillacci : un médecin généraliste avec chaîne en or autour du cou, « passionné de cinéma asiatique et d'art africain », un type que les femmes ont l'habitude de trouver « tolérant, à l'écoute et d'une grande modernité ». Bref, le parfait abruti.

Arianne décide de le retrouver au Vallauris Plage où ce dernier est en vacances avec sa femme. Frank, Manuel (un emploi-jeunes de la SNCF tombé sous le charme) et le major Crawford (un ancien colonel de l'armée des Indes qui semble en savoir beaucoup sur Arianne) filent eux aussi sur la Côte d'Azur...


Niagara revu par Nirvana


Dès les premières pages, où Frank s'adresse à son avocate, la prose tendue et nerveuse de l'écrivain donne le rythme de cette passion méditerranéenne. Cela commence mal pour le narrateur - quinze ans ferme - mais finit bien. Entre-temps, Nicolas Rey fait défiler les épisodes tragico-comiques et inattendus d'un mélodrame amoureux polyphonique. Vallauris Plage évoque autant une sitcom tropézienne qui aurait été scénarisée par Djian que L'amour à la plage de Niagara revu par Nirvana. Sea, sex and no fun. On aperçoit l'hôtel Belles Rives cher à Zelda et Scott et on entend Fly me To The Moon de Sinatra, mais les mythes ont du plomb dans l'aile.

Son héros a mal aux dents et surtout au coeur devant « la franchise d'un univers qui s'écroule ». Avec des phrases lasses et élégantes, un peu rieuses et très tristes comme celles où le narrateur imagine, en regardant le scintillement nocturne d'une ville, le nombre « d'insomnies, de disputes, de peurs, de fêtes, de gens malades » que ces lumières protègent, l'auteur de Courir à trente ans saisit l'instant déchirant des séparations définitives. Ce faux roman de plage, à la couverture joyeuse, distille ses sentiments noirs et tranchants avec grâce.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Nicolas Rey par Christian Authier
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Saint Nicolas !
» [CR] Russian Civil War : Bordel au pays de Nicolas II
» Bonne fête Nicolas Marin
» Saint Christian
» Merci, Saint-Nicolas ! (ou un délire de plus !)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Propos insignifiants :: Archives :: Ecrivains :: Autres écrivains français-
Sauter vers: